Historique

 

HEMISvendeusedroguerie

Tout d'abord, remontons au origine du mot...

Le mot droguerie est mentionné dans le dictionnaire du Commerce de Savary (1740, t.II, p. 173),  terme général qui signifie toutes sortes de drogues qui se vendent chez les marchands du corps de l'épicerie, particulièrement de celles dont on se sert pour les teintures et pour la médecine. Le mot désignait l'ensemble de la marchandise et non le commerce en lui-même.

L'origine du mot drogue proviendrait d'un mot persan dron, signifiant "odeur". Les racines celtiques drug, dronk, drong dont il semble dériver ont toutes le sens de "mauvais, amer".

Le mot droguiste, désignait le marchand de drogues et était associé jusqu'au XIXe siècle à celui de l'épicier : "Droguiste, nom que l'on donne à ceux d'entre les épiciers qui vendent des drogues pour la pharmarcie, la teinturerie, les arts" - Encyclopédie du XVIIIe et Dictionnaire du commerce de Savary.

En 1777, une déclaration du roi ordonne la séparation des professions d'apothicaire et d'épicier-droguiste.  Plus tard, la loi de Germinal interdira aux épiciers droguistes de vendre des préparation pharmaceutique sous peine d'amende. Ils pouvaient cependant continuer à vendre des drogues simples en gros.

POUR ALLER PLUS LOIN, consultez :
Buchet Charles. Essai sur l'histoire de la droguerie Bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie et suite et fin de cet essai

Enfin, la Loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels et des difficultés liées à l'exercice de la profession ont conduit les professionnels exerçant le commerce de la DROGUERIE à se constituer syndicalement sur le plan local et national.

La Fédération met à la disposition des personnes intéressées ses archives syndicales en consultation sur place, prendre rendez-vous.

 

Un bref rapide historique est nécessaire pour comprendre l'évolution du secteur de la DROGUERIE.

 

De l'âge d'or......

La DROGUERIE ainsi constituée syndicalement sur le plan national depuis le XXème siècle, fut longtemps un métier qui se perpétuait de père en fils. Le droguiste formait ses enfants ou ses employés à l'intérieur de son établissement, il leur inculquait les connaissances indispensables à ce métier et veillait lui-même à leur formation.

La profession a subi de profondes transformations depuis son origine. D'abord commerçant vendant des « drogues » pour la pharmacie, la teinturerie et les arts, le droguiste tenait à la fois de l'apothicaire et de l'herboriste. On peut signaler sur ce point  que certains droguistes étaient d'anciens préparateurs en pharmacie qui apportaient à cette profession les qualités d'ordre et de méthode acquise dans leur formation première.

Puis le droguiste devient en même temps « marchand de couleurs » (peintures, vernis) et vendeur de produits chimiques.

Jusqu'en 1940 le droguiste était un artisan qui fabriquait lui-même encaustiques, détachants ou cirages. Il était un technicien en blouse grise qui faisait dans son arrière- boutique des mélanges et des préparations diverses.

Aujourd'hui cet artisanat a presque totalement disparu, seuls perdurent quelques droguistes traditionalistes. Le droguiste détient de moins en moins de produits chimiques en vrac qui sont désormais conditionnés par des fabricants spécialisés. Le droguiste est devenu un technicien en blouse blanche.

Un grand nombre de rayons sont venus s'ajouter à l'assortiment traditionnel du droguiste.

Outre les produits d'entretien, rayon n° 1 du métier, qu'il s'agisse de produits d'hygiène, articles de ménage, parfumerie, petite quincaillerie, électricité, électroménager, etc… tous ces rayons se rapportent soit à l'hygiène, soit au confort du foyer. Il s'agit d'articles courants pour l'entretien de la maison.

Parallèlement à cette extension de l'assortiment du droguiste et le développement de la grande distribution, les consommateurs ont trouvé les produits de droguerie sur les rayons de la concurrence. (magasins d'alimentation générale, magasins populaires, grandes surfaces...).

Télécharger :

Fiche droguerie - édition 2013

Il existe toujours dans la profession deux tendances :

  1. La spécialisationSes partisans veulent conserver à la profession son caractère technique et garder au droguiste son rôle de conseiller. L'assortiment reste du domaine de la droguerie traditionnelle.
  2. La despécialisationpar un élargissement des rayons et une sélection d'articles à rotation rapide.

C'est ici que la DROGUERIE rejoint le secteur  du « BAZAR, EQUIPEMENT DU FOYER ».

Une position médiane intègre les deux notions : le droguiste tient plusieurs rayons mais reste cependant un spécialiste à l'intérieur de ces rayons tout en proposant un choix suffisant qui le distingue des commerces non spécialisés ou du grand commerce

Après la guerre de 45, le commerce de proximité  est très important et le commerce de droguerie est florissant. Les premières coopératives voient le jour et de nombreux salons sont le lieu de rencontre des professionnels. La Fédération Nationale de la Droguerie tient son propre salon.

Dans les années 60, les groupements de détaillants – coopératives ou groupements régionaux -  sont à leur apogée. Ils sont principalement regroupés en « UNION » et entre autres :

-UCODROCO (Union des coopératives de Droguistes-Marchands de Couleurs de France), environ 5 000 adhérents.

-UCEF (Union des commerces de l' Equipement du Foyer) qui compte près de 3000 adhérents.

En 1984, l'INSEE répertorie : 12 317  drogueries employant 9 683  salariés et 1 367 établissements faisant du commerce de gros de droguerie.

Voici les chiffres qui ont suivi (source INSEE-EAE) jusqu'en année 2000 :

SECTEUR19721980

1990

1 993*
Code 524 N
2000
Code 524 N

Droguerie

64-23

9765 entreprises

21707 salariés

8997 entreprises

13579 salariés

4589 entreprises

16713 salariés

8 347 entreprises

18 051 salariés

5 818 entreprises

16 583 salariés

Quincaillerie

64-22

7577 entreprises

13663 salariés

9796 entreprises

39359 salariés

7921 entreprises

56 777 salariés

TOTAL

17 432 entreprises

35 370 salariés

18 793 entreprises

52 938 salariés

12 510 entreprises

73 490 salariés

Autres

Equipement du Foyer

64-25

9340 entreprises

18495 salariés

18630 entreprises

20260 salariés

20 000 entreprises

23588 salariés

Code 524 J

6 237 entreprises

12 731 salariés

524 J

5 599 entreprises

15 053 salariés

(*) En 1993 au moment du changement de nomenclature, les codes ont été éclatés sous différents nouveaux codes : le commerce de détail droguerie se retrouve sous le code NAF 524 N qui comprend  également la quincaillerie. Selon l’INSEE (EAE 2000) les entreprises de ces deux secteurs effectuent leurs achats auprès des fabricants et grossistes/centrales d’achat français à raison de : 70 % pour la quincaillerie/droguerie et 74 % pour l’équipement du foyer

 

…... à la renaissance

Aujourd'hui, le mouvement coopératif a complètement disparu, les dernières coopératives ont fermé leurs portes il y a une quinzaine d'années notamment :

  • SYNDROG à Strasbourg
  • DROGUERIE UNION LYONNAISE «  DUL » à Lyon.

Les professionnels regroupés au sein de la Fédération ont conscience que si le mouvement coopératif a disparu, c'est principalement qu'il n'était pas visible pour le consommateur et n'était lié à aucune enseigne reconnaissable (telle « la carotte » du marchand de tabac ou la « croix verte » du pharmacien).

Née dans les années 90, une enseigne volontaire a fait une perçée assez exemplaire : EUREKA ma droguerie, devenue ensuite EUREKA, ma maison. Le concept engage les commerçants volontaires à s'approvisionner pour un minimum chez Desamais, grossiste animant ce réseau. Cliquez ici pour visiter le site

La naissance des grandes surfaces notamment dans le bricolage avec leur politique de discount et disposant de moyens énormes tant humains qu'économiques : conditions de prix avantageux auprès des fournisseurs, vente soutenue par une publicité importante, nombres d'employés, amplitude d'horaires, ouverture le dimanche, etc ... a conduit à la disparition progressive d'une  partie très importante de la profession. Cette concurrence oblige par ailleurs les commerçants du secteur - droguistes ou bazars – à travailler avec les fournisseurs à des conditions beaucoup plus difficiles.

Du fait de la taille des magasins, on sait quel rôle essentiel joue le commerce de proximité dans la vie sociale. Pour se démarquer de cette concurrence, le droguiste reste un technicien, un vrai professionnel à qui le client vient demander un avis ou un conseil.

Le droguiste se maintient au courant des nouveautés, notamment en matière environnemental et produits de substitution aux produits reconnus dangereux (exemple produits phytopharmaceutiques.

Il a une connaissance technique des produits qu'il conseille utilement à sa clientèle en fonction de ses besoins :

  • assurer un accueil chaleureux et personnalisé,
  • conseiller et sécuriser le client sont les points forts du droguiste professionnel indépendant.

La priorité du droguiste est de conserver, d'améliorer sa place face à la concurrence et se faire reconnaître par le consommateur. C'est sur cette démarque originale que la profession doit porter ses efforts.

La Fédération Française a conscience que le métier bénéficie d'un renouveau grâce à plusieurs courants porteurs et en particulier :

Les modifications dans les comportements du consommateur

Le contexte est marqué à la fois par une consommation atone et une montée en puissance des préoccupations liées aux risques dans tous les domaines. Différentes études sur la consommation montrent que la clientèle recherche la qualité des biens de consommation et que cette qualité passe aussi par des valeurs plus humaines : un bon accueil, des relations de la confiance mutuelle et un conseil personnalisé. Le magasin de proximité, droguerie ou bazar demeure donc un lieu privilégié entre le consommateur et le commerçant.

Dans ce volet on doit retenir trois points essentiels du comportement des consommateurs :

1.  Le retour à la proximité

-faire ses achats au plus près de son domicile

-être accueillis, reconnus, écoutés et conseillés

-faire ses achats dans un environnement évitant le gigantisme

2.  Le retour aux produits écologiques

Les produits éthiques, non polluants, ont le vent en poupe, le consommateur se méfie de plus en plus des produits industriels banalisés. Les droguistes sont les mieux placés pour vendre ces produits.

3. La Sécurité

Pour des achats en toute sécurité, mode d’emploi et conseils, qui est mieux placé qu’un professionnel spécialiste pour guider le consommateur

 

Statistiques des secteurs

Aujourd'hui après le changement de nomenclature NAF en janvier 2008, nos secteurs partagent partiellement leurs nouveaux codes 4752A, 4759B et 4778C avec d'autres secteurs de métiers du commerce.

Pour en savoir plus, retrouvez l'actualité des chiffres sur INSEE.fr :

→ Pour consulter en ligne les résultats sectoriels - code 4752A

 Pour consulter en ligne les résultats sectoriels - code 4759B

 Pour consulter en ligne les résultats sectoriels - code 4778C


Autres sources utiles :

En rubrique convention collective :  le panorama de la branche CDNA

Fiche arts de la table version courte - édition 2013 (version complète sur demande auprès de la Fédération Française)

Fiche équipement du foyer, bazar